Grands axes de recherche

de la Chaire Assurance et société

1 – Formes de représentation de l’assurance et fonctions des organisations professionnelles

Grâce à une connaissance de ses principaux acteurs et réseaux replacés dans l’interaction des champs politiques, économiques et sociaux, cet axe vise à analyser la structuration et la fonction des organisations professionnelles d’assurance depuis le développement passé de leurs identités corporatistes. L’attention est portée sur la place sectorielle et les domaines d’intervention de ces organisations dans un système hiérarchisé d’institutions, de normes juridiques, d’usages codifiés, de règles techniques, de régulation économique et de liens, quelle que soit l’évolution de leurs formes, entre l’État, le marché, les corps intermédiaires et les autres organisations professionnelles tant nationales qu’internationales. Cet axe s’intéresse aussi à la construction dans le champ culturel de l’image transmise par l’assurance au cœur même de l’espace public.   

2 – Santé et Assurance : les enjeux d’un débat sociétal renouvelé      

Alors que les sociétés contemporaines sont confrontées, au nom des nouveaux standards de gestion du risque santé, au devenir de la protection sociale, cet axe vise à nourrir la pertinence d’une réflexion comparée sur la construction de l’État social, générateur de sécurité et de lien social, en recourant aux grands débats qui ont conduit à la structuration d’un système juridique et médical cohérent auquel furent longtemps associées dans le passé les mutuelles et les assurances privées. Cet éclairage a pour ambition de valoriser en creux les grands enjeux contemporains liés notamment aux maladies de longue durée, affections chroniques, aux facteurs de risques, à la prévention, mais aussi au risque aléatoire de la dépendance (démographie)… Grâce à la multiplicité d’échelles d’analyse, cet axe a aussi vocation à enrichir la réflexion sur les rapports et fonctions complémentaires des assurances privées et publiques et sur la question des rapports entre institutions, normes, marché et nouveaux risques.

3 – L’assurance obligatoire : un débat transnational passé et présent au cœur des systèmes juridiques et des pratiques d’expertise

L’inflation des risques nouveaux dans les sociétés contemporaines, très directement associée au développement et applications des techno-sciences, conduit à une multiplication de principes de précaution et d’obligation d’assurances. Cette dernière, véritable restriction à la liberté contractuelle, devient une question centrale des débats philosophiques et juridiques relatifs à la construction d’un système normatif et de régulation, entre sphère privée et sphère publique. Afin de mieux analyser l’orientation actuelle de nos sociétés, cet axe vise à enquêter en recourant aux grands débats transnationaux passés, encore à décrypter, sur le sens et les enjeux des confrontations qui ont durablement marqué deux traditions, les « pays d’assurance facultative (libre) » (France) et les « pays d’assurance obligatoire » (Allemagne) alors que se développe dès le début du XXe siècle, une expertise, notamment juridique et actuarielle, au cœur des institutions nationales et internationales.    

4 – Crises, guerres et terrorisme : un nouveau rapport de l’assurance à l’État

Cet axe vise à analyser les répercussions créées par les grandes scansions évènementielles, dans le développement et l’influence de modèles assurantiels. Sont-elles des ruptures associées à des situations d’exception et/ou bien révèlent-elles des tendances de plus longue durée ? Grâce aux critères permettant de les définir – enseignement, formation professionnelle, moyens de l’expansion commerciale, circulation des savoirs, apprentissage d’une culture de l’innovation et de l’organisation, etc. –, ces modèles associés à des nations comme l’Allemagne avant la Grande Guerre et aux États-Unis après 1945, ont été déterminants afin de comprendre les nouveaux rapports de l’Assurance (acteurs et structures) à l’État, au marché,  aux organisations nationales, internationales et transnationales (des ligues aux unions politiques et économiques et réseaux d’expertise technique et intellectuelle). Enfin, l’axe vise aussi à mieux cerner les conséquences du terrorisme, associé aux situations de guerre, dans le processus collectif de solidarité (indemnisation), de protection et de sécurité des personnes et des biens.   5 – Assurance et spoliations pendant la seconde guerre mondiale  

Dans le prolongement des travaux de la Mission Mattéoli sur la spoliation des juifs de France pendant la seconde guerre mondiale, cet axe vise à étudier plus précisément le rapport des élites des groupements professionnels et des dirigeants des sociétés d’assurances, avec l’État et son administration, au regard de l’application d’une législation d’exception pendant la guerre, mais aussi lors des premières enquêtes relatives aux spoliations après 1945. Il s’agit de comprendre aussi les raisons majeures qui conduisent l’État durant le début des années 1950 à ne pas pousser plus avant les enquêtes sur les spoliations, alors qu’une grande partie de l’industrie des assurances est nationalisée.    

6 – Les mémoires de l’assurance à travers ses corpus

Dans la perspective d’une réflexion culturelle, mémorielle et patrimoniale (de l’archives à l’emblème), cet axe vise à travailler sur quelques grandes orientations afin de mieux analyser l’impact de l’Assurance dans la société et au cœur de l’économie. Quelques thèmes signifiants et observés dans une temporalité longue ont d’ores et déjà été retenus : les métiers, l’empreinte sur la ville (quartiers d’affaires, expansion urbanistique et immobilière), les types de risques et leur évolution dans la diachronie, les valeurs symboliques longtemps associées aux anciennes sociétés (mutuelles et compagnies), le rayonnement et l’expansion commerciale internationale, etc. 

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